La Palestine sous l'Empire ottoman |
Histoire |
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Au
XIXème siècle, il y avait deux moyens
d'échanger du courrier avec l'Empire ottoman
(Devlet-i Aliye-i Osmaniye / Osmanlı
İmparatorluğu) : soit grâce à
l'office postal
turc aux prestations
prétendument
lentes et peu fiables, soit
par un des nombreux bureaux postaux ouverts par
les puissances étrangères. |
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La poste ottomane |
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Les premiers timbres émis par la poste ottomane, libellés en paras et piastres, sont parus en 1863. Ils portaient la signature du Sultan. En 1865, ils furent remplacés par une représentation du croissant turc sur des timbres appelés Duloz du nom de leur graveur français. Ces premiers timbres étaient uniquement libellées en caractères arabes. Il faudra attendre le milieu des années 1880 pour qu'apparaissent enfin des timbres en caractères arabes et en français (illustration 1). Sur le même principe, les premiers cachets étaient eux aussi exclusivement en caractères arabes. L'identification de l'origine des courriers est donc particulièrement difficile. |
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Bureaux français |
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Dans le cadre des traités de Capitulations), la France a très tôt établi des établissements postaux dans les pays avec lesquels le trafic était conséquent ou bien dont l'organisation postale locale était déficiente. La création des "Messageries Maritimes" françaises à partir de 1830 justifia l'implantation de bureaux dans les escales de cette dernière (cf. carte). Le tarif raisonnable pour une lettre, moins encore pour une carte ou un entier ("tarif local") et la ponctualité des traversées assurèrent le succès de ces implantations postales. |
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Bureaux autrichiens |
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La réputation de faible fiabilité de la Poste ottomane tranchait singulièrement avec la rapidité et la régularité des bateaux à vapeur du Lloyd's Austriaco. Aussi, dans presque chaque escale, la Kaiserlische und Königlische Feldpost (KKPost - poste impériale & royale autrichienne) avait astucieusement implanté un bureau avec l'autorisation forcée de l'administration turc. Ces implantations postales hors d'Autriche se sont aussi développées dans l'ensemble de l'Empire ottoman surtout dans les Balkans. En Palestine, des bureaux fonctionnèrent à Jaffa et Jérusalem. |
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Bureaux russes |
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Comme la plupart des grandes puissances européennes, la Russie implanta dans l'Empire ottoman les bureaux de poste nécessaires à l'acheminement du courrier de ses ressortissants & commerçants. Leur déploiement commença en 1774 avec le traité de Kuchuk-Kainarji qui scella la défaite des turcs face aux troupes du tsar. En plus de rattacher la Crimée à l'Empire russe, cet accord mit en place de liaisons postales régulières entre les deux empires. Au XIXème siècle, le nombre de bureaux augmenta avec l'expansionnisme russe dans l'empire ottoman notamment dans les principales escales des navires russes en Mer Noire et Méditerranée. De 1868 à 1900, la compagnie maritime russe РОПиТ / ROPiT émit ses propres timbres initialement libellés en piastres ottomans pour affranchir le courrier qu'elle transportait. |
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Bureaux allemands |
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L'Empire allemand de Guillaume II fut très présent dans les dernières années de l'histoire de l'Empire ottoman. Le Kaiser effectua un voyage en Palestine qui fut, pour l'époque, très médiatisé. Les allemands construisirent le chemin de fer qui traversait la Turquie du nord au sud, reliant Berlin à Bagdad. Des conseillers militaires allemands furent détachés auprès de l'armée turque et l'accompagnèrent dans les combats qui l'opposèrent aux armées anglaises et françaises lors de la Grande Guerre. Bien que non concerné par un traité de capitulation, l'administration postale allemande put ouvrir plusieurs bureaux dans l'Empire et plus particulièrement à Jaffa et Jérusalem. |
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Bureau italien |
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Le bureau italien de Jérusalem ouvrit le 1er juin 1908. Son activité connut une interruption entre le 1er octobre 1911 et le 30 novembre 1912 (du fait de la guerre de Lybie) avant de reprendre celle-ci jusqu’au 30 septembre 1914. Il utilisa tout aussi bien des timbres italiens sans surcharge (identification uniquement possible sur document) que des timbres surchargés en monnaie turque. Il y eut aussi des timbres à l’effigie de Victor-Emmanuel surchargés Gerusalemme en monnaie locale. |
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Tous les bureaux étrangers civils dans l'Empire fermèrent en septembre 1914, la Turquie ayant profité de l'entrée en guerre pour rompre toutes relations étrangères, même avec l'Allemagne et l'Autriche qui concervent une poste militaire. En 1918, la Poste Ottomane perd son administration sur l'ensemble des territoires occupées par les alliés. |
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Comment collectionner ? |
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Sauf rares exceptions, Seuls les timbres oblitérés, sur fragment ou de préférence sur lettre, avec un cachet d'oblitération visible, peuvent faire l'objet d'une telle collection. C'est l'oblitération qui rattachera le timbre ou le document à la Palestine. |
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On recherchera : |
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pour la poste turque, une pièce pour chaque bureau, ou, à tout le moins, une pièce des principaux bureaux; |
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pour chaque bureau étranger, une pièce en privilégiant la qualité de l'oblitération; |
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si l'on veut avancer sa collection vers un haut niveau, on recherchera des pièces utilisant les différentes émissions de timbres utilisés par période. |
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Avant d'entreprendre cette collection très difficile, il est recommandé de se documenter sérieusement. Par exemple, on peut commencer par visiter les sites référencés dans la rubrique liens. |
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